Halloween vu par Good Time : la sélection horreur de la rédaction

Ciné-chéri, fais moi peur…

Pour fêter convenablement Halloween, contraints de rester enfermés chez soi, la rédaction vous propose une sélection sans classement et sans jugement de films variés pour nourrir une bonne programmation d’épouvante. Monstres, fantômes, psychopathes, zombies… il y en a pour tous les goûts. Ceci vient en complément des nombreuses critiques de films d’horreur-fantastique-thriller que nous avons dans notre catalogue, notamment dans notre dossier « Halloween« .

En voulant éviter de citer sans cesse les mêmes films, ni les mêmes réalisateurs, nous nous sommes prêtés à un petit exercice archéologique. Nous sommes revenus sur tous les films d’horreur que nous avons vus, des plus anciens (Le Manoir du Diable de Georges Méliès en 1896), aux plus récents (comme les deux chef d’œuvres d’Ari Aster, Hérédité en 2018 et Midsommar en 2019). Et nous avons décidé de mettre de côté toutes les évidences. Dans ces listes ci-dessous, pas d’Alfred Hitchcock (Psychose, Les Oiseaux) ni de Stanley Kubrick (The Shining), pas de Massacre à la tronçonneuse, Scream, Suspiria, The Thing, L’Exorciste et nous en passons des meilleurs. Mais nous avons privilégié d’autres perles du cinéma de genre, films cultes tardifs tout comme raretés retrouvées. Nous espérons attirer votre curiosité pour nourrir des soirées-films riches en explorations cinéphiles et en sensations fortes.

Bonnes découvertes, et bonnes frayeurs nocturnes !

Les conseils de Robin Bertrand

  • Dark Water (2002, Japon), de Hideo Nakata. Réalisateur du culte Ring, ce film est une perfection de l’art de Nakata, entre mélodrame et film de fantôme, avec des scènes horrifiantes.
  • Le Locataire (1976, France), de Roman Polanski. Psychose, paranoïa, boucles temporelles, distorsions spatiales… Un des plus grands huis-clos du cinéma.
  • L’Au-delà (1981, Italie), de Lucio Fulci. Maître du giallo au côté de Mario Bava et de Dario Argento, Fulci est aussi un des grands noms du cinéma fantastique italien. Baroque, déjanté et stimulant.
  • Mister Babadook (2014, Australie/Canada), de Jennifer Kent. Premier film de la réalisatrice australienne, un des plus beaux films sur le deuil dans ce que cela a de sinistre et source de malaise.
  • Les Innocents (1961, Angleterre), de Jack Clayton. Des ombres, des couloirs, des statues, des enfants bizarres. Peut-être le plus grand et sans doute le plus influent film de maison hantée.
  • Possession (1981, Angleterre/Pologne/France), d’Andrzej Zulawski. La furie de la mise en scène du cinéaste polonais, au service de la folie du jeu d’Isabelle Adjani. Un film dérangeant et traumatisant.
  • Prince des ténèbres (1987, Etats-Unis), de John Carpenter. Un des films les moins connus du maître de l’horreur, avec le moins de budget, et pourtant que de trouvailles visuelles ! Entre expérience scientifique et appel du Diable, un mélange fécond et inventif.
  • L’Emprise des ténèbres (1988, Etats-Unis), de Wes Craven. Film de zombies, de vaudou, d’aventures, de révoltes politiques. Aussi terrifiant que Scream, aussi onirique que Freddy, un bijou !
  • Onibaba, les tueuses (1964, Japon), de Kaneto Shindō. Prisonnier d’un lieu restreint avec seulement deux femmes perturbées par un contexte historique et social violent, ce film montre la chute dans la folie et la perdition humaine avec maestria.
  • Rendez-vous avec la peur (1957, Etats-Unis/France/Angleterre), de Jacques Tourneur. Réalisateur de Vaudou et de La Féline, le réalisateur français livre un monument du cinéma fantastique qui n’a pas pris une ride. Cultissime.
  • Ne vous retournez pas (1973, Angleterre), de Nicolas Roeg. Virtuose des manipulations temporelles pour montrer la décadence de la société moderne, ce film prouve également le talent de Roeg à frôler le cinéma de genre pour filmer la solitude et la perte d’un homme dans un milieu hostile.
  • Santa Sangre (1989, Mexique/Italie/Chili), d’Alejandro Jodorowsky. Le fameux cinéaste surréaliste côtoie le giallo à l’italienne pour livrer une de ses œuvres les plus démentes, absurdes, mais tellement jouissives.
  • Au-delà du réel (1980, Angleterre), de Ken Russell. Sans doute le cinéaste anglais le plus baroque (notamment réalisateur de Tommy des Who), ce film est un patchwork visuel et narratif : entre trip sous acide, expédition métaphysique, folie scientifique, métamorphose physique… Un voyage indescriptible et déstabilisant.
  • Le Carnaval des âmes (1962, Etats-Unis), de Herk Harvey. Un des premiers films de morts-vivants et de fantômes modernes, qui a inspiré autant Romero que Shyamalan. Une mise en scène exemplaire pour un film terrifiant.
  • Suicide Club (2001, Japon), de Sion Sono. Un des plus importants et déjantés réalisateurs japonais contemporains, livrant ici une satire sociale décadente et gênante. A la fois gore, drôle, et percutant.
  • Messiah of Evil (1973, Etats-Unis), de Willard Huyck. Film tristement oublié, aussi inventif que les meilleurs Carpenter. A la frontière du film d’invasion de zombies, du survival, et du trip onirique, parfait pour les amoureux du gore rétro et de l’immersion dans une atmosphère étrange.
  • It Comes at Night (2017, Etats-Unis), de Trey Edward Shults. Un des meilleurs huis-clos contemporains, reprenant des codes du film post-apocalyptique pour mieux s’attaquer aux travers horrifiques et monstrueux du cercle familiale. Envoûtant, hypnotique et percutant.
  • Mandy (2018, Etats-Unis), de Panos Cosmatos. Pour tous les fans de Nicolas Cage et de son jeu libéré et dégénéré, ce film est ce qu’il y a de mieux. A la limite du nanar, ou du film ultra-pompeux, le film trouve sa juste mesure dans une folie de perversion.
  • Ju-On : The Grudge (2002, Japon), de Takashi Shimizu. Tout simplement traumatisant. Un des meilleurs films japonais récents, et un des meilleurs films de fantômes.
  • Frissons (1974, Canada), de David Cronenberg. Premier film du patron du gore et des déflagrations corporelles. Une succession de scènes déjantées et jouissives : beaucoup de cris, de sang, de morts-vivants, et de folie aussi contagieuse que le mal assassin.

Les conseils de Louis Bourgeois

  • Vampyr ou l’étrange aventure de David Gray (1932, Allemagne), de Carl Theodor Dreyer. Pour retrouver la fonction entière du film d’épouvante, il faut se rappeler que les grandes idées de mise en scène d’Argento, les rêveries de Lynch ou encore le macabre allant si bien à Tim Burton trouvent une origine dans un petit film allemand des années 1930, il faut se rappeler de Vampyr.
  • La Marque du vampire (1935, Etats-Unis), de Tod Browning. A l’évidence, penser à Tod Browning, c’est se remémorer Freaks ou Dracula. Pourtant, dans La marque du vampire, le réalisateur met habilement en abîme ses obsessions morbides : et si, finalement, tout n’était que mise en scène ?
  • L’Aventure de Madame Muir (1947, Etats-Unis), de Joseph L. Mankiewicz. Récemment, dans The Haunting of Bly Manor, deux personnages avancent que les histoires de fantômes sont aussi des histoires d’amour. L’Aventure de Madame Muir en est l’exemple le plus bouleversant.
  • L’Étrange Créature du lac noir (1954, Etats-Unis), de Jack Arnold. En voyant La Forme de l’eau, je regrettais le cinéma de Jack Arnold. L’Étrange Créature du lac noir est une série B horrifique aussi mémorable, si ce n’est plus, que celles de Tod Browning et James Whale.
  • L’Heure du loup (1968, Suède), Ingmar Bergman. La capacité d’Ingmar Bergman à faire imploser les cellules familiales n’a jamais été aussi glaçante que lorsqu’il décida de la soumettre au genre fantastique.
  • Black Christmas (1974, Canada), de Bob Clark. Le téléphone est un personnage à part entière du film d’horreur. On se souvient, évidemment, de l’ouverture de Scream. En 1974, Bob Clark avait déjà compris le potentiel de cet objet du quotidien, aussi bien sonore que spatial – il rapproche des corps. Son Black Christmas dynamite aussi bien les codes du slasher qu’il en propose un aboutissement : et si, le tueur, depuis le début, se trouvait dans notre domicile ?
  • Fog (1980, Etats-Unis), de John Carpenter. Chez Carpenter, il y a d’abord eu un mal physique – les truands dans Assaut. Progressivement, il devient quelque chose de plus désincarné : la figure si célèbre de Michael Myers dans Halloween. C’est finalement dans Fog qu’il devient une substance, bouclant parfaitement le travail commencé par le cinéaste quelques années plus tôt : du brouillard émergent des corps. En plus de constituer, à mon sens, l’aboutissement esthétique du travail de John Carpenter, Fog est une fable grinçante à la morale indirectement adressée au peuple américain : si naissance d’une nation il y a, elle est nécessairement corrélée à un massacre. Fog, c’est la vengeance des oubliés.
  • Inferno (1980, Italie), de Dario Argento. Inferno constitue sans doute l’aboutissement du dispositif déployé par Dario Argento dans son cinéma : une narration épurée au possible, des espaces travaillés sans relâche, des corps réduits à l’état de silhouettes qui n’ont d’autre choix que de se mouvoir pour échapper à la mort, et une photographie inoubliable.
  • Hurlements (1981, Etats-Unis), de Joe Dante. Encore une fois, il ne s’agit pas du film auquel on pense immédiatement lorsqu’on parle d’un cinéaste tel que Joe Dante. Pourtant il y a, dans Hurlements, quelque chose que je n’ai pas vu ailleurs dans son cinéma : une horreur psychologique et physique, visuelle et sonore, aussi belle que repoussante.
  • Le Jour des morts-vivants (1985, Etats-Unis-Canada), de George A. Romero. On se souvient de la sentence du Zombie de Romero : quand il n’y a plus de place en enfer, les morts reviennent sur terre. Le Jour des morts-vivants la poursuit, de manière aussi drôle que dérangeante : quand il n’y a plus de place à la surface, ce sont les vivants qui descendent sous terre.
  • Vendredi 13, chapitre VIII : L’ultime retour (1989, Etats-Unis), de Rob Hedden. Sans doute l’épisode le plus halluciné de la saga « Vendredi 13 ». Et si Jason quittait Crystal Lake pour prendre le métro à New York ?
  • Freddy sort de la nuit (1994, Etats-Unis), de Wes Craven. Dans les années 1990, le spectre des Griffes de la nuit plane sur la filmographie de Wes Craven. Dans Freddy sort de la nuit, au titre original beaucoup plus éclairant, Wes Craven’s New Nightmare, le cinéaste décide d’exorciser ses propres démons. L’écran n’est plus une frontière entre le film et les spectateurs : Freddy existe réellement, il s’en prend au casting du premier film, et cette fois-ci, Craven a perdu le contrôle de sa créature.
  • Poultrygeist : Night of the Chicken Dead (2006, Etats-Unis), de Lloyd Kaufman. Poultrygeist est sans doute la figure de proue des productions Troma : le sacrifice du politiquement correct sur l’autel de la dépravation.
  • Ils (2006, France), de Xavier Palud et David Moreau. Un couple dans une maison isolée se fait harceler par un groupe d’individus. Ils est un film traversé par l’oppression, qu’elle soit visuelle ou sonore.
  • Sweeney Todd : le diabolique barbier de Fleet Street (2007, Etats-Unis), de Tim Burton. Peut-on réellement fêter Halloween sans voir un film de Tim Burton ? Sweeney Todd est noir comme la nuit, rouge comme le sang, éblouissant comme les chants qui le parcourent incessamment.
  • Phénomènes (2008, Etats-Unis), de M. Night Shyamalan. Le génie de M. Night Shyamalan se situe là où il perd le contrôle. Dans Phénomènes, pas de monstres, de fantômes ni de tueurs, seulement du vent. Et c’est précisément là que ses images s’envolent.
  • Jusqu’en enfer (2009, Etats-Unis), de Sam Raimi. Sam Raimi, c’est évidemment Evil Dead et Spider-Man, deux sagas imposantes s’il en est. Personnellement, je le préfère dans ses films plus intimistes, à l’image de Jusqu’en enfer, présenté à Cannes en 2009.
  • Grave Encounters (2011, Canada), de Colin Minihan et Stuart Ortiz. Il fallait forcément un found footage dans cette liste. Grave Encounters n’est pas forcément le film le plus mémorable du genre, mais il possède ce côté ludique qui fait d’Halloween l’occasion d’un rassemblement devant les images, parfois au risque de se perdre, comme les protagonistes de cette histoire.
  • Sinister (2012, Etats-Unis), de Scott Derrickson. Les films Blumhouse de James Wan et Jordan Peele sont des évidences. Aujourd’hui, je préfère parler de Sinister, car Scott Derrickson y propose une réflexion ludique sur la présence fantomatique : si créature il y a, elle est forcément dans les images.
  • It Follows (2014, Etats-Unis), de David Robert Mitchell. Suite à une relation sexuelle, une adolescente a l’étrange impression que quelqu’un la suit. Une idée narrative simple, que la mise en scène de David Robert Mitchell, empruntant aussi bien à Carpenter que Shyamalan, vient amplifier : tout individu présent à l’image est potentiellement la créature.

Les conseils de Simon Dechauffour-Kronenberg

Pour Halloween, on cherche toujours quelques films non pas seulement pour « se faire peur » mais pour trouver cette espèce d’excitation frissonnante qui, plus loin que la peur, relève de l’attente, de la confrontation à un mystère, un inconnu, parfois révélé subtilement ou brutalement, parfois définitivement mystérieux. Le film d’Halloween doit donc toujours proposer une mise en scène qui doit traiter de cette attente et n’est donc pas seulement restreint au simple film d’horreur avec des esprits vengeurs qui font bouger des meubles. Toutefois, bien évidemment, certains films préfèrent mettre le paquet sur un concept, qui se saisira totalement de la mécanique de la peur. Voici donc quelques propositions classées, allant du film-concept agréable, divertissant pour une soirée, à quelque chose d’un peu plus poussé, qui réfléchit à ce lien entre cinéma et angoisse.

Les films-concepts sympas

  • Paranoïak (2012, Etats-Unis), de D.J Caruso. On suit le tout jeune Shia LaBeouf, coincé chez lui avec un bracelet électronique, alors que son voisin d’en face ne semble pas très net.
  • Knock Knock (2015, Etats-Unis/Chili), d’Eli Roth. Dans ce remake de film de home invasion, le réalisateur de Hostel fait vivre une véritable torture à un Keanu Reeves déjà très iconisé, avec une Ana de Armas en début de carrière hollywoodienne.
  • Fenêtre Secrète (2004, Etats-Unis), de David Koepp. Pour finir ce tryptique du « foyer », voici un film adapté d’un roman de Stephen King. Sans grande prétention, la torture psychologique que subit le personnage incarné par Johnny Depp fait quand même son petit effet.
  • Unfriended (2014, Etats-Unis), de Levan Gabriadze. Petit film d’horreur où fantastique et technologie se rencontrent, puisque tout se déroule sur un écran d’ordinateur, lors d’une conversation Skype.
  • Happy Birthdead (2017, Etats-Unis), de Christopher Landon. Impossible de faire une telle liste sans un film Blumhouse ! Happy Birthdead décline le principe d’Un jour sans fin, version horreur et ne s’en sort pas trop mal !

Les films un peu plus travaillés

  • Buried (2010, Espagne), de Rodrigo Cortes. Ce huis-clos avec un Ryan Reynolds se réveillant enterré dans un cercueil propose une tension plutôt savoureuse.
  • Vivarium (2019, Irlande/Belgique/Danemark), de Lorcan Finnegan. Le concept simple – un couple se trouve coincé dans un quartier après la visite d’une maison – est porté par une mise en scène intéressante, une réflexion esthétique et une (petite) réflexion philosophique.
  • Coherence (2013, Etats-Unis), de James Ward Byrkit. Ce parfait thriller de science-fiction ménage son mystère et son rythme pour obtenir une tension à point. Un petit film tout à fait agréable !
  • Assassination Nation (2018, Etats-Unis), de Sam Levinson. Un film qui retravaille le thème de la chasse aux sorcières avec des enjeux contemporains, voilà qui tombe bien pour Halloween ! Réseaux sociaux, violence, patriarcat, le tout gore et esthétique.
  • Caché (2005, France), de Michael Haneke. Un film qui incarne parfaitement la notion de tension. Un couple est filmé dans son quotidien et reçoit ensuite les vidéos. Un mystère qui s’étend tout le long du film, alimentant une tension qui explosera dans une scène brutalement brève.
  • Tesis (1996, Espagne), de Alejandro Amenábar. Véritable plongée dans le monde des snuff movies d’un point de vue extérieur, qui ne le reste pas très longtemps…
  • Aux frontières de l’aube (1987, Etats-Unis), de Kathryn Bigelow. Quoi de mieux pour changer qu’un film de vampire plutôt revisité ? Un des premiers films de la réalisatrice oscarisée pose le récit à notre époque, dans des Etats-Unis suintant, ensoleillés, avec toujours le même problème de vampire : tuer pour vivre.
  • Compliance (2012, Etats-Unis), de Craig Zobel. Film un peu à part dans la sélection puisque, comme souvent aux Etats-Unis, inspiré de faits réels, autour d’une histoire d’homme qui arrive à faire commettre les pires horreurs en appelant des fast food et en se faisant passer pour un policier. La mise en scène n’est pas incroyable mais se concentre sur certains moments assez difficiles à regarder.

Les conseils d’Hugo Palazzo

  • Péché mortel (1945, Etats-Unis), de John M. Stahl. Un mélange particulièrement dérangeant de mélodrame et de film noir, somptueusement filmé en Technicolor, avec la renversante Gene Tierney, aussi irrésistible que glaçante.
  • Un si doux visage (1953, Etats-Unis), d’Otto Preminger. Face-à-face irrespirable entre Robert Mitchum et Jean Simmons, au sommet de leurs charismes respectifs, dans un film noir psychosexuel radicalement malsain.
  • And Soon the Darkness (1970, Royaume-Uni/France), de Robert Fuest. Un film de suspense diurne formellement inventif et déstabilisant, qui se déroule dans la campagne française, récemment sorti de l’oubli pour la collection DVD dirigée par Jean-Baptiste Thoret.
  • Sœurs de sang (1973, Etats-Unis), de Brian De Palma. La première relecture maniériste, évocatrice et sulfureuse, des motifs hitchcockiens signée De Palma, déjà en pleine possession de ses moyens.
  • L’Emprise (1982, Etats-Unis), de Sidney J. Furie. Le captivant et éprouvant calvaire d’une mère de famille agressée par une présence invisible et inexplicable, marqué par l’inoubliable prestation de Barbara Hershey.
  • Phenomena (1985, Italie), de Dario Argento. Argento donne son premier grand rôle à Jennifer Connelly dans ce conte cauchemardesque, l’un de ses films les plus incarnés humainement et aboutis formellement.
  • Laurin (1989, RFA/Hongrie), de Robert Sigl. Une fable mystérieuse à l’atmosphère quasi-gothique obsédante, où une enfant sans repères se voit bousculée par l’hostilité du monde – une belle rareté exhumée pour une édition magnifique par l’équipe du Chat qui fume.
  • Candyman (1992, États-Unis/Royaume-Uni), de Bernard Rose. Parsemé de zones d’ambiguïtés et de réflexions sociétales, un véritable classique du film d’horreur moderne, avec les formidables Virginia Madsen et Tony Todd.
  • Twin Peaks: Fire Walk with Me (1992, États-Unis/France), de David Lynch. Dans ce chaînon essentiel et mésestimé de l’univers Twin Peaks, Sheryl Lee est  extraordinairement habitée et Lynch particulièrement inspiré – le résultat est terrifiant, douloureux et visionnaire.
  • Perfect Blue (1997, Japon), de Satoshi Kon. Les débuts au cinéma d’un maître trop tôt disparu de l’animation japonaise contemporaine, plongée brutale dans les coulisses sordides de l’industrie du spectacle et la psyché d’une célébrité brisée par celle-ci.

Les conseils de Félix Nolleau

  • Hellraiser (1987, Royaume-Uni), de Clive Barker. Comment dresser une liste de films d’Halloween sans commencer par Halloween de John Carpenter Hellraiser ?  En 1987, Clive Barker adapte pour le grand écran son roman The Hellbound Heart. On y découvre les mésaventures de la famille Cotton, livrée en pâture aux atroces Cénobites, les bourreaux infernaux, par l’hédonisme démesuré de l’oncle Frank qui les invoque pour pousser toujours plus loin sa quête de sensations intenses. Si les suites sont à peut-être à réserver à un public de fans de l’univers de Barker, la mythologie qu’elles participent à mettre en place pâtissant d’une qualité de réalisation assez inférieure, le premier volet est un vrai classique de l’horreur – mention spéciale au travail titanesque de maquillage, le film ne contenant que très peu d’effets spéciaux.
  • Terminator (1984, Etats-Unis), de James Cameron. En 1984, la machine à blockbusters James Cameron n’a pas encore été dévorée par le projet Avatar. Vous avez probablement déjà vu Terminator, dont le succès planétaire a entraîné de nombreuses suites de qualité là aussi assez inégale. Gros flingues, intelligence artificielle hors de contrôle et thriller haletant et par moments horrifique, sans oublier un Arnold Schwarzenegger au top de sa forme en robot tueur, Terminator s’érige en conciliateur pour le cas où tous les membres de votre assemblée ne seraient pas friands de slashers et autres films d’exorcisme ! À noter que si, à partir du troisième volet, la saga perd franchement en intérêt selon mes goûts personnels et le consensus général, Terminator 2 (1991) est un chef d’œuvre qui dépasse souvent même le premier en fonction de la personne à qui vous posez la question.
  • La Montagne sacrée (1973, Mexique), d’Alejandro Jodorowsky. Bon, là, j’avoue : on commence à carrément s’éloigner des poncifs du film d’Halloween. Mais en même temps, je pense que vous n’avez besoin de personne pour vous dire de regarder Scream et Paranormal Activity si vous êtes du genre franchement intransigeant à ce niveau-là. Pour autant, je pense que si, pour le 31 octobre, vous voulez être plongé dans un univers fantastique empreint de mysticisme, de malaise et de kitsch bien dosé, Jodorowsky tape dans le mille. Évoluant comme toujours à la frontière entre mauvais goût patent et esthétique ultra-léchée (comme en attestent ses nombreuses collaborations avec notamment Moebius et Zoran Janjetov), l’artiste chilien aux moult casquettes nous montre ici la quête d’un sosie du Christ et de sept puissances rivales, guidées par Jodo lui-même en alchimiste leur promettant l’immortalité.

Les conseils de Simon Decrouy

Pour un moment de plaisir horrifique, le freakshow servira les amateurs, que ce soit les sorcières de Ken Russell, les clowns et loups-garous adaptés de Stephen King, ou les chouettes délires visuels européens de Rafaël Cherkasky ou asiatiques comme ceux de Takashi Miike. Pour avoir une bonne trouille d’automne, le found footage Gonjiam : Haunted Asylum sort du peloton de tête du box-office coréen en ayant déjà traumatisé plus d’un en France lors de son passage en festival.

  • Ca, « Il » est revenu (1990, Etats-Unis), de Tommy Lee Wallace
  • Le Repaire du ver blanc (1988, Angleterre), de Ken Russell
  • Peur bleue (1985, Etats-Unis), de Daniel Atias
  • Piranha (1978, Etats-Unis), de Joe Dante
  • 3 extrêmes (2002, Japon/Chine/Corée du Sud), de Park Chan-Wook, Takashi Miike et Fruit Chan
  • Hollow Man (2000, Etats-Unis), de Paul Verhoeven
  • Sorgoï Prakov, My European Dream (2013, France), de Rafaël Cherkaksky
  • Shirome (2010, Japon), de Kōji Shiraishi
  • Les Yeux sans visage (1960, France), de Georges Franju
  • Gonjiam : Haunted Asylum (2018, Corée du Sud), de Beom-sik Jeong

Et trois courts métrages bonus libres de droit, à voir gratuitement dès maintenant : Rash (2014) de Meryl Roche, Crawler (2020) d’Ivan Radovic, et The History of Monsters (2019) de Juliana Pablo Arias Munoz

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