Brightburn : Le règne du feu ?

Critique de Brightburn : l’Enfant du Mal (2019) de David Yaroveski

La nuit est tombée, un domaine agricole est plongé dans l’obscurité. La caméra ne tente rien, ne faisant que montrer : flemme formelle, cela n’ira pas plus loin que la suggestion. Aussi un couple commence à faire l’amour, moment précédé de gros plans sur des livres traitant de la stérilité. Évidence : ils n’arrivent pas à avoir un enfant. Mais ce qui est suggéré par l’image est répété dans la foulée par les personnages : il faut enfin réussir à faire un môme. Autre évidence : les spectateurs sont demeurés. Bref, passons sur ces détails pour revenir à l’histoire. On a désormais compris que le seul intérêt du film sera dans sa narration. Enfin, plutôt dans sa promesse narrative qui finira noyée dans une bouillabaisse avariée. Une secousse survient. Séisme ? En tout cas, le sol fait trembler la maison. Très rapidement, les amants s’aperçoivent que quelque chose a atterri dans la forêt bordant leur propriété, une sorte de météorite. A l’arrière-plan, des formes perçues par l’embrasure d’une fenêtre, un cratère et une lumière s’en dégageant. Elle est rouge. Cut. Un montage de vidéos filmées au caméscope par le couple. Des souvenirs. Un enfant en train de grandir. Le lien entre les deux moments de l’ouverture est plutôt clair : ces fermiers, autrefois désespérés, ont adopté un nourrisson venu du ciel. Malheur pour eux : il ne sera pas américain. 

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Lorsqu’on voit le début de Brightburn : l’Enfant du Mal, on voit surtout les différents films Superman. On pense même à Smallville ! Encore une fois, l’histoire se répète. L’enfant, arrivé à son adolescence, se découvre des pouvoirs : force surhumaine, rayons lasers propulsés par ses yeux, vitesse défiant les lois de la gravité, il peut même voler. Mais il ne sera pas Superman, préférant l’annihilation au scoutisme. Dès lors, Brightburn : l’Enfant du Mal est moins un film de super-héros qu’un slasher. Brandon Breyer (ah oui, c’est son nom) met un masque, devenant le lointain acolyte d’un Michael Myers ou d’un Jason Vorhees sévissant sans doute dans un Etat voisin. Invincible, il l’est tout autant que ses deux prédécesseurs. Il tue. On pourrait même dire qu’il massacre. Tout est montré : sang, tripes, membres découpés. C’est parfois révulsant : lorsque, flottant plusieurs mètres au-dessus de la route, Dark Superman lâche de ses mains un pick-up, la mâchoire de son conducteur vient s’écraser et s’ouvrir sur le volant au moment du choc. Après, histoire d’affirmer le coup, un gros plan sur cette mâchoire brisée et tombante que l’homme tente en vain de garder en un seul morceau. Sadique, Brandon Breyer le regarde mourir lentement.  

Le problème, c’est que ça s’arrête là. C’est gratuit. Le film oublie malheureusement trop rapidement les problèmes moraux que posent de tels pouvoirs : Pourquoi les utiliser ? Comment agir ? Quelle cause servir ? Mais surtout, pourquoi finalement choisir de faire le Mal ? Les réponses sont évitées, à vrai dire les problématiques ne seront même pas abordées, le film se complaisant davantage à essayer de mettre en scène un adolescent pervers venant mater en pleine nuit l’une de ses camarades de classe avant d’aller massacrer un jour sa mère à la sortie du boulot. La pauvre, elle était caissière. Finalement le film, comme son personnage principal, évite le face-à-face, y préférant la crise d’adolescence. 

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Crédits : Sony Pictures Releasing France.

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