Ciné O’clock : journal critique du British festival

Comme annoncé dans notre précédent article sur le festival, nous avons passé quelques jours à Ciné O’Clock. Entre rétrospective et sorties récentes, c’était un plaisir de découvrir, ou re-découvrir ces moments de cinéma British et Irlandais. La thématique de cette année portait sur David Bowie, artiste très apprécié de la rédaction. Voici notre journal du festival, du 8 au 16 février.

Samedi 08/02

Furyo, Nagisa Oshima 1983 (remasterisé)

Un plaisir de revoir ce film culte. Les couleurs bénéficient vraiment de la remasterisation, le visage de bronze de Kitano se découpe à la hache dans la salle de cinéma, la densité jouissive du bonhomme soutient toujours aussi bien ce rêve Nippono-Bowiesque. On rappellera (une énième fois pour les habitués mais quant même) la bande son de Ryuichi Sakamoto, de Yellow Magic Orchestra ; excellent moment d’ambiance onirique mais coupante comme un sabre.

Merry Christmas Mr. Lawrence, BO du film. On pense à Joe Hisaishi plus tard…

Dimanche 09/02

Vivarium, Lorcan Finnegan, 2020

Minimalisme British pour un film Irlandais, l’ambiance fonctionne très bien, ce couple perdu dans un labyrinthe de maison vide est touchant (Jesse Eisenberg est une valeur sûre), la créature qu’ils doivent élever pour de mystérieuses entités est angoissante à souhait. Si la fin peut manquer de surprise, que la pirouette était prévisible, cela laisse de la place pour réfléchir à de possibles sous textes : la cigarette, élément récurrent ; et les tumeurs démoniaques que la créature dévoile à Gemma (Imogen Poots), faisant un moment gonfler sa gorge dans un gargouillement monstrueux, renforcent ces propositions d’espaces qui se mettent en parallèle avec des problèmes de santé, dans la zone ORL : la gorge, la bouche, les sinus, les yeux. Le conte folklorique flirte avec des démons inter-dimensionnels datant du Cunéiforme, Ari Aster (Hérédité, Midsommar) ainsi que Jordan Peele (Get Out, Us) ont vraiment relancé quelque chose dans la simplicité et un retour aux bases, mouvement que Vivarium saisi de manière plus ludique, avec cette ironie outre-manche.

EDIT : Un débat geek sanguinaire a déjà explosé entre moi et un ami. Il dit que ce ne sont pas des démons, mais des aliens. Ce qui en ferait un film de SF, et cela, eh bien, c’est inacceptable pour la dénomination d’un film fantastique : -Les aliens écrivent-ils en cunéiforme ? -Et qui te dis que c’est du cunéiforme, me répond – il. Je vous promets que cela ne s’arrêtera pas là.

Jeudi 13/02

Les Prédateurs, Tony Scott, 1983

Les collègues de GoodTime avaient déjà vu ce classique. Pas moi. Concert folko-punk de Monsieur Wolf donné avant la séance dans la salle du Zola. Pour le coup, ce chef d’oeuvre de l’Autre cinéma est bien à limite de ces deux genres : fantastique et science fiction. Catherine Deneuve, reine vampire immortelle issue de l’ancienne Egypte perd son compagnon, David Bowie, ayant attrapé une mystérieuse maladie qui affaiblit jusqu’à la cadavérisation ces êtres surpuissants.

La déliquescence physique de la star s’accompagne d’un montage nerveux, qui enchaîne les répétitions formelles de visages, de silhouettes ; floutant les identités, les perdant dans la masse inconsciente et morbide des désirs, besoin et contrôles de Deneuve, antique Barbe Bleue féminine.

Susan Sarandon, chercheuse travaillant sur une maladie dégénérative, occupe l’espace scientifique et pousse le film à ses limites : celle des genres, ses découvertes sur l’oreille interne et leurs implications sur l’immortalité envoie le film dans la SF, mais aussi celles de Deneuve elle même, qui tentera de faire d’elle sa compagne pour les siècles à venir.

L’ouverture par la track de Bauhaus Bela lugosi’s dead, qui accompagne l’annonciation de la proximité d’une esthétique clip, était déjà un clou du spectacle, mais, au début : le meilleur du film restait.

Vendredi 14/02

High Fidelity, Stephen Frears, 2000

Cette comédie Anglo-Saxonne fut mon dernier ciné O’clock de cette année, c’est Jack Black et John Cusak qui accompagneront ma fin de festival. Avec le happy end de rigueur, on ricanera tout de même de l’incurable ambiguité de Rob (Cusak), éternel mélomane insatisfait. Disquaire curieux et libre mais peu fiable, connecté à l’abîme poésie mélancolique de la pop musique et renfermé sur lui même. Il est toujours ouvert à la nouvelle rencontre étincelle, Laura finira-t-elle par devenir la numéro 1 sur son top de rupture ? Est-ce que les Singes Supersoniques, le groupe de Jack Black, l’employé de Cusak, percera ?

John Cusak, ici Rob, charismatique presque malgré lui

Un film certainement drôle, qui offrait une séance aux goûts de nostalgie pour les trentenaires amateurs des meilleurs buddy movie. La projection accompagne le lancement de la série spin off (Hulu), le même jour, qui se concentre sur le personnage de Maria.


Après avoir couvert le festival, nous sommes finalement revenus sur ces quatre séances qui étaient, à chaque fois, un excellent moment. Le Zola offre un espace intelligent et chaleureux, et l’événement Ciné O’clock une programmation riche et variée. Les rendez-vous musicaux et les animations étaient au rendez vous. Réalisé par les les éléphants rouges, nous pouvons revivre ces moments d’effervescence cinéphiles avec le vidéo report.

Crédits photos :

  • Lovely Production
  • Metro Goldwyn Mayer
  • Touchstone Pictures

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