Alice Cooper tournée 2017-18 : I Still love the dead

 

Et non je ne divague pas, ce n’est pas non plus un rêve ou un voyage éphémère à l’âge d’or du rock n-roll, au doux pays des seventies où l’on avait la chance de vibrer sous les hard guitares et le son très glam du groupe Alice Cooper. L’icône n’est pas morte, et elle est revenue avec un nouvel album l’été dernier, suivi d’une tournée qui se prolonge jusqu’à la fin de l’année. Cet album s’intitule Paranormal, et en effet il semble bien anormal de sortir un nouvel opus à bientôt 70 ans. Toutefois les vieux membres du groupe original se sont réunis autour de ce qui était devenu le chanteur Alice Cooper, après la sortie de Muscle of Love (1974) qui marqua leur séparation. On retrouve également son ami de toujours Bob Ezrin qui, lorsqu’il ne produisait pas ses albums, collaborait avec Pink Floyd, Lou Reed, ou autres légendes.

Mais ce dernier album semblerait toutefois être le signe d’une vaine nostalgie. C’est un autre temps où Billy Gibbons de ZZ Top peut rencontrer Roger Glover de Deep Purple, ainsi que Larry Mullen Junior de U2. A-t-on encore besoin de ce vieux rock poussiéreux, d’un Alice Cooper boiteux et à la voix éraillée ? A quoi bon écouter ceux qui furent nos idoles mais qui, décrépits par le temps, dépassés par une musique qu’ils ne comprendraient plus, se voient obligés de faire la suite de leurs concept-albums laissés au garage 40 ans plus tôt ? Non pas que Welcome 2 my nightmare (2011) soit une aberration, mais il n’est que l’ombre de son ainé Welcome to my nightmare (1975), qui fait partie de ces albums inclassables qui auront à jamais marqué l’histoire du rock. Alors pourquoi diable écouter Papi ? Cesse de creuser ta tombe et de faire de l’ombre sur ta magnifique carrière !

Hé bien mes chers amis, tout ce que je vous raconte est faux. Tout ce que j’ai à dire c’est un grand MERCI ! Merci monsieur Cooper d’être le dieu du rock mais surtout le monstre de scène que vous avez toujours été !

Ce dernier album est vif et riche ! Tout est propre et d’une efficacité folle. Cela commence avec un super tube Paranormal, et jamais le rythme ne retombe. Les solos de guitare sont toujours au rendez-vous et toujours aussi efficaces. Les arrangements d’Ezrin ne cessent de nous rappeler ceux composés pour Deep Purple. Et tout l’album sonne vieille école, à la différence de ce qu’il a pu faire depuis la fin des années 1980 avec son revirement heavy metal. Ici on sent que tout puise dans le blues, dans la période hard-rock et glam du chanteur. Très loin d’être un grand album, c’est une œuvre percutante, et qui fait vraiment plaisir. Il n’y a ni la prétention de ses gros albums concepts, ni l’intelligence de ses longues compositions magistrales aux ruptures épatantes. Mais l’énergie est là ! A l’instar de sa grande capacité vocale à peine affaiblie, à l’instar de la puissance des instruments, cet album témoigne qu’il est inutile de vouloir enterrer celui qui a vu naître tous les autres. Et puis même si cet album n’est pas du génie, l’esprit rock demeure.

« Alors vas-y, va le voir ! » me suis-je dis. Ne rate pas ce qui est peut-être l’unique occasion d’admirer en vrai ce monstre du live ! Même s’il ne joue que sa dernière partie de carrière, même si cette tournée ne sert qu’à vendre son dernier album en date, dans le pire des cas ce ne sera qu’une drôle d’expérience.

Et là, je reste sans voix… Quelle énergie débordante ! Quelle générosité avec son public ! Quel grand live ! Car c’est un spectacle sans pause que nous offre Cooper, entouré de musiciens exceptionnels. Cela ne dure qu’à peine plus de 1h30, mais en si peu de temps on est comblé éternellement. Depuis les années 70 il n’a pas changé, il n’a pas pris une ride. Il fouette le public, il change de tenue à chaque tube, il fait 100 fois le tour de la scène au rythme de ses instru… Ainsi voit-on s’enclencher des feux d’artifices, puis apparaît une guillotine qui tue Cooper avant que sa tête ne soit jetée à travers scène, juste après qu’une machine électrique a fait apparaître un Frankenstein géant ! A chaque instant il surprend et il est impossible de deviner où il va nous mener, où il va apparaître, quelle chanson va suivre la suivante, et comment elle va être jouée.

Car c’était cela le plus plaisant, d’entendre au milieu d’un son métal et contemporain (et parmi toute cette scénographie gothique et démesurée), ces vieux sons blues, garage et progressif, tirés de Billion dollar baby, School’s out, Killer et surtout Welcome to my nightmare. Ce show est un chef-d’œuvre de mise en scène et de programmation. Que l’on soit un vieux fan qui le suit depuis ses débuts avec Frank Zappa, que l’on soit un métalleux qui a découvert Cooper avec son célèbre Trash (1989), ou bien que l’on soit un jeune ado curieux de découvrir un papa de la musique, on est forcément conquis tant il remplit toutes les attentes.

C’est un retour de maître que tu nous fais là Alice Cooper, et tu prouves encore une fois que tu as ta place dans la cour des grands !

Voici mon top perso des meilleurs albums d’Alice Cooper: https://www.senscritique.com/top/Les_meilleurs_albums_d_Alice_Cooper/1894223

Pour finir, juste pour le plaisir :

 

Photo : Joe Divita pour Loudwire

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