Spider-Man Far From Home : Teen Hero

Critique de Spider-Man: Far from Home (2019) de Jon Watts

Quelle direction prendre après le tournant – explosif, catégorique et sérieux – d’Avengers : Endgame ? Jon Watts, avec son Far from Home, choisit la légèreté. Le Peter Parker de Sam Raimi ? Trop sérieux, au point où ses digressions frivoles sont devenues des mèmes. Inutile de rappeler les danses urbaines de Spider-Man 3. Celui de Marc Webb, tout le monde l’a oublié. Trop niais. Tant pis pour Emma Stone. Tom Holland, depuis Captain America : Civil War a su endosser le rôle de l’homme-araignée en faisant converger les traits de caractère de ses deux prédécesseurs dans sa naïveté juvénile. Jeune, petit et imberbe, il transpire la fragilité. Mais c’est de là que ce nouveau Spider-Man tire sa force. 

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L’intrigue de Far from Home fait suite aux événements apocalyptiques de Endgame. Peter Parker retourne au lycée pour finir ses études. Alors sur le départ d’un voyage scolaire en Europe, il décide de mettre de côté son rôle de super-héros pour se consacrer entièrement à MJ, la fille dont il est secrètement amoureux. Malheureusement pour lui, ses responsabilités vont le poursuivre par-delà l’Atlantique et le pousser à prendre plus au sérieux sa position au sein des Avengers, à présent démunis suite à la mort d’Iron Man. Aussi, l’intrigue héroïque de ce nouvel opus repose sur l’idée de passation de pouvoir. Tony Stark a décidé de léguer une partie de son héritage à Peter, qu’il a toujours considéré comme son fils spirituel depuis leur rencontre dans un appartement du Queens. Dès lors, l’araignée sympa du quartier doit faire face à de nouvelles responsabilités, au moment où de géantes créatures élémentaires apparaissent à différents points du globe. 

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C’est bien en miroir de l’évolution de Tony Stark qu’est pensée celle de l’adolescent, le côté alcoolique du premier en moins. Peter Parker, loin de chez lui, doit se recentrer sur ses principes, quitte à mettre Spider-Man de côté pendant un temps. On a déjà vu ça dans Iron Man 3, où Tony Stark soignait sa dépression aux côtés d’un jeune garçon dans un établi de l’Amérique profonde. De la même manière, faisant écho au Mandarin, adversaire d’Iron Man qui n’en était pas un, Mysterio apparaît dans Far from Home. Chez lui aussi, tout est sujet au fake. Voulant se faire passer pour le nouveau défenseur de la Terre, il crée les élémentaires de toutes pièces et met en scène ses affrontements grâce à des projecteurs holographiques placés sur des drones invisibles. Une supercherie visant à l’édifier au rang de nouvelle idole. Peter finit bien sûr par le découvrir, ce qui pousse l’antagoniste à l’éliminer. L’occasion d’un affrontement d’anthologie entre les deux personnages. Sous nos yeux, un bâtiment désaffecté de Berlin se transforme en cirque. On avait pas vu ça depuis Doctor Strange. Mysterio devient un Lewis Carroll du numérique tandis que Spider-Man prend la place d’Alice. Il chute, fait face à de nombreux doubles, change de dimension, allant jusqu’à faire face à la carcasse de l’armure d’Iron Man sortant de la tombe de Tony Stark. L’homme-araignée est tantôt dans l’obscurité, tantôt aspergé de couleurs. Dans cette réalité factice, plus rien ne fait sens. Durant cette séquence, tout est soumis à la déconstruction et l’illusion. Plus de repères spatio-temporels, les effets spéciaux sont désormais les seuls régisseurs de la mise en scène. Malheureusement, mis à part ce moment de bravoure, rien de notable dans la réalisation de Jon Watts, si ce n’est une volonté de rendre l’action plus visible : beaucoup de plans larges ou de plans longs combinant différentes actions de Spider-Man, les coups de poing sont de nouveau à l’écran. Il faut dire que depuis l’avènement des frères Russo, on ne s’y attendait plus.

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Hormis ces quelques points, Far from home n’est qu’un prétexte à la comédie romantique. Le film de super-héros devient road-trip touristique et estival, ponctué de tentatives de séduction et d’amourettes éphémères. Jon Watts, à l’image de James Gunn dans Les gardiens de la galaxie, privilégie l’à-côté des scènes d’action, préférant développer certains personnages secondaires – MJ et Happy, Jon Favreau ne souhaitant décidément pas quitter le MCU – et travailler le comique de répétition et l’absurde. Exemple parmi d’autres, Peter Parker est toujours à côté de la plaque par rapport aux références culturelles de ses aînés. En Hollande, il se retrouve avec Happy dans un jet privé stationnant sur un champ de tulipes. Tandis que l’adolescent confectionne un nouveau costume, l’autre lance du AC/DC sur les enceintes. Peter, heureux, s’exclame : “J’adore Led Zeppelin ! ”. Jon Watts se plaît ainsi à jouer avec le genre tout en évitant la subversion. Finalement, Far from home fait sourire, un moyen comme un autre de clore cette grandiloquente phase 3 du MCU et de faire le deuil de Tony Stark. 

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Crédits : Sony Pictures Releasing France.

Un commentaire Ajouter un commentaire

  1. princecranoir dit :

    Belle critique qui en dévoile tout de même beaucoup à ceux qui n’ont pas vu le film.
    Je suis plutôt du même avis.

    J'aime

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