Bye Bye Baby de Requin Chagrin : dream pop étincelante et entêtante

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Requin Chagrin est le projet solo de la multi-instrumentiste, autrice-compositrice et productrice Marion Brunetto, bien qu’elle soit accompagnée de musiciens pour ses concerts. Bye Bye Baby est son troisième album, qu’elle a entièrement interprété et réalisé aux studios ICP de Bruxelles. Un peu schématiquement, on pourrait décrire sa musique comme un croisement de dream pop à la Beach House et de synthpop aux influences plutôt new wave, avec un soupçon de jangle pop dans les parties de guitare et de basse. Cependant, l’ensemble ne ressemble pas à une somme de références digérées et régurgitées, Brunetto tissant une esthétique singulière, nostalgique mais étrangement hors du temps, avec un travail de mixage très équilibré et des choix d’effets sonores qui n’étouffent jamais les compositions.

La poésie adolescente des paroles, volontairement naïve et vague, n’est pas forcément remarquable, mais ne tombe pas non plus dans le ridicule, s’accordant à la voix grave et chaleureuse de Brunetto et à la finesse onirique des instrumentaux. Aussi, l’auteure-compositrice ne compte pas que sur le charme des sonorités qu’elle emploie, chaque chanson comportant son lot de trouvailles mélodiques et de motifs réjouissants. “Déjà vu”, seul extrait sorti en amont de l’album, est un des plus mémorables exemples de cette approche, avec sa simple et belle ligne de clavier qui résonne parfaitement avec les accords de guitare et les ornements de basse. La chanson-titre est un autre morceau marquant, où le guitare-voix inaugural aboutit sur un refrain avec une vraie ampleur esthétique et émotionnelle. 

Récent concert enregistré pour ARTE où Requin Chagrin joue 5 titres de Bye Bye Baby et une sélection d’anciennes compositions

Il s’agit de toute façon de l’une des forces de l’album : les chansons sont soigneusement structurées et contiennent presque toujours des éléments accrocheurs, à commencer par des refrains entêtants, comme sur “Nuit B”, “Juno” ou encore “Love”, climax évident de la fin du disque, quand il ne s’agit de parties instrumentales étonnamment détaillées – en témoigne la coda de “Volage”. Quelques morceaux oubliables et une certaine homogénéité dans le son et la construction des compositions empêchent l’album de subjuguer complètement, mais il reste très agréable d’y revenir. Dans un style déjà très fréquenté, Requin Chagrin poursuit sa route sans démériter, avec une sincérité indéniable et des fulgurances sensibles de musicalité. On espère la retrouver à ce même niveau pour un prochain disque plus ambitieux et aventureux : à ce stade, rien ne laisse penser qu’elle n’en soit pas capable.

Crédits illustration : Sony Music Entertainment France / KMS Disques

Lien Spotify vers l’album

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